Le texte est simple. Pour que le message passe,
les mots doivent être entendus de tous et
le but est ici atteint. Simple mais profond, car
il s’étend de la tendresse à
la douleur en passant par tout le registre des
sentiments humains : tristesse, désespoir,
passion, amour, joie… et l’ironie
est utilisée ici à bon escient pour
faire réagir !
Le temps d’un aparté, Mathan cet
adolescent aux prises avec lui même et avec
« les autres », nous confie le désarroi
d’une sexualité qu’il croit
impossible à vivre. Il n’est cependant
pas le seul à souffrir. Et de l’amant
qui refoule son homosexualité, à
la meilleure amie qui a compris bien avant que
Mathan l’ai réalisé lui même,
cette pièce est un témoignage qui
pourrait être celui d’un frère,
d’un ami, d’un voisin ou simplement
le votre…
La question « Comment réagir à
ses révélations?» n’est
qu’une parenthèse, car à l’évidence
nous nous prenons d’affection pour Mathan.
Ceux qui ne se doutaient de rien comprendront
enfin que l'acceptation de soi à l’adolescence
n’est supportable qu’à condition
que le regard extérieur ne soit pas redouté.
Ceux qui savaient se rappèleront et peut-être
panseront de vieilles blessures.
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« Déjà
fini ? » Non, ce n’est que la fin de
la première partie, car bien qu’il
n’y ai pas d’entracte, il y a bien un
avant et un après.
Mais chut je n’en dirais pas plus, sous peine
de trop en dévoiler. Légèrement
surjoué dans les premières minutes,
le bonheur des protagonistes est de courte durée
et les acteurs trouvent immédiatement le
ton juste pour sombrer dans les profondeurs d’une
pièce qui nous tient en haleine, car si l’envie
ne manque pas de crier à Mathan que sa vie
sera belle, un doute réside : et si l’auteur
avait choisi le tragique ?
Un décor minimaliste (et cependant symbolique)
nous invite à nous concentrer sur les mots
et rien que sur les mots : ceux qui sont dits, ceux
qui sont assénés pour faire mal, ceux
qui sont jetés pour se protéger, ceux
que l’on ne voudrait pas entendre, ceux qui
restent silencieux….
Dans le public beaucoup d’hommes, seuls, en
couple, ou en groupe d’amis. Des femmes aussi
bien sûr et on l’espère, pas
que des homosexuels. Car si cette pièce est
faite pour les rassurer, pour moi elle doit surtout
véhiculer un message : tous ceux qui ne sont
pas simplement hétérosexuels ont besoin
de l’assentiment de leurs amis, de leurs familles
et de la Société, pour être
pleinement heureux.
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