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SandraNight
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Pénis Désiderantis...
tout un programme !
Il fait noir et tout est silencieux. Pour une fois,
je ne suis pas dans un club, mais dans une salle de
théâtre. Je vous en bouche un coin, non
? SandraNight qui se cultive, j’entends déjà
les... |
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...Oh et les Ah qui fusent…
Oui oui, je sais très bien l’image
que vous aviez de moi : superficielle, voir frivole
! Je tenais à faire cette mise au point,
voilà c’est dit, je ne suis pas qu’un
être fait de lumière et de paillettes
! |
| mots aigres-doux
et règlements de compte
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Mais reprenons. Tout est noir et silencieux jusqu’au
moment où Samuel Ganes surgit, juché
sur des bottines vernies, rouges l’Oréal,
tirant derrière lui des kilomètres
de traîne (bon disons plusieurs mètres),
travesti en dandy à la Jean-Paul Gautier
(c’est l’effet corset) et maquillé
(un seul œil, c’est ce qui donne ce
visage si fantasque) comme une danseuse de cabaret
!
Et c’est parti pour 1h15 de déballage
de mots aigres-doux et de règlement de
compte.
Car si Samuel est ainsi affublé, c’est
pour interpréter un rôle terriblement
dramatique, terriblement sarcastique, terriblement
drôle aussi parfois dans son analyse de
la société et son mépris,
mais surtout simplement actuel, malgré
le grand siècle qui nous sépare
de ce texte.
On ne saura jamais qui se cache derrière
ce personnage… Un aristocrate Italien, qui
a pris toutes les précautions pour qu’on
ne le retrouve pas lorsqu’il a envoyé
cette
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confession à
Emile Zola. Le texte fut publié en 1896 par
G. St Paul (Dr Laupts), sous forme de 4 interminables
lettres fastidieuses et resta donc peu connu. Samuel
Ganes en a fait une adaptation dynamique et accessible,
pour mettre en exergue tout le ressentiment et le
narcissisme qui habitent cet homme, le détruisent
autant qu’ils le portent.
Ce personnage est sans cesse partagé par
ce qu’il veut et attend, tiraillé par
ce qu’il peut et ne veut pas, veut et ne peut
pas. Il se livre donc, sous les traits d’un
Samuel Ganes sans fausse note, qui passe du rire
(certes jaune) aux (presque) larmes, du désir
à la souffrance. Et Samuel l’accompagne
sans jamais faiblir, prenant le public comme complice
ou parfois comme bouc émissaire…(c’est
du Happening, c’est cool, ce soir j’ai
appris un mot !).
Un monologue ça veut dire seul, toujours
seul. Frémir seul quand le public ne réagit
pas, blêmir seul quand le blanc approche.
Alors la solitude de notre bonhomme, l’acteur
ne peut que la ressentir !
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| les jeux de
Samuel avec son gode
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Aucun moment de répit non plus pour se
reprendre, il faut venir à bout de ce texte,
qui ne peut laisser insensible, même si
les spectateurs ne le disent pas. Pas le temps.
Trop de mots en même temps, trop d’idées,
trop de phrases, trop d’accusations portées.
La pièce n’en n’est qu’à
ses débuts. Au fil des représentations,
Samuel Ganes ne pourra que gagner la confiance
suffisante pour solliciter davantage le public
et le pousser à réagir, peut-être
en lui laissant plus de temps pour la faire, entre
chaque tirade.
Car les spectateurs, peu habitués à
être pris à parti (et moi la première),
sont encore frileux lors de ses exhortations.
Et l’ambiance très intimiste accentue
cette appréhension.
Lorsque le rideau se ferme sur cette toute petite
scène (ah non c’est vrai pas de rideau,
juste Samuel qui s’en va…), j’en
étais arrivé à croire que
notre anonyme étaitréellement parmi
nous ce soir.
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Sa fragilité
beaucoup la porte en eux, mais heureusement aussi,
beaucoup la dépassent. Les questions sont
posées, le débat est ouvert, mais
c’est sur une touche de jovialité et
donc d’espoir que le dandy nous quitte, tant
qu’il y a de la vie, y a de la fête
et le vice versa !
Inutile d’attendre, pas de rappel. Samuel
reste sobre, pas comme son personnage !
Je regarde sortir un public de tous âges,
mais plutôt de sexe masculin.
Ce spectacle ne plaira pas à
tout le monde, tenons nous le pour dit !
Certains n’apprécieront pas le genre
« monologue ». D’autres seront
peut-être choqués par les jeux de Samuel
avec son gode (rien a voir avec Dieu), tel fut le
cas de deux jeunes hommes tout près de moi,
qui détournaient la tête dès
que Samuel empoignait l’engin, bien que leurs
yeux, je vous le garantie, ne demandassent qu’à
regarder encore…
Elle en renverra d’autres vers leurs vieux
démons !
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Et
pourtant…
Et pourtant cette heure passe vite.
Et pourtant Samuel Ganes n’est pas vulgaire.
Si le gode rend son personnage encore plus ridicule,
il n’est qu’un ustensile de théâtre.
Je rejoins les amis de Samuel qui l’attendent
pour boire un verre. J’ai eu le plaisir
de l’interviewer pendant sa préparation
(non, je ne l’ai pas vu nu !), je tenais
à lui faire une bise avant de partir.
PENIS DESIDERANTIS
Adaptation du roman « Confession d’un
inverti né », tiré des confessions
d’un anonyme envoyées à Emiles
Zola.
Mise en Scène par Samuel Ganes et Cyril
Caremier (KARMA THEATRA)
Costumes de Christian Courcelles
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> lire
l'interview de Samuel Ganes
>
http://penisdesiderantis.free.fr/
(mise en ligne le 29 mai 2006
)
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